Comment lâcher prise ?

Adolescent difficile : Comment y faire face quand on y arrive plus ?

Les parents hélicoptères ou les parents drones, vous connaissez ?

Bonjour les parents,

Votre ado est agacé de votre présence. Parfois il vous déteste même.

J’ai moi même souvent culpabilisé, je me demandais comment ça se faisait. Et pourtant, je faisais de mon mieux, je répondais présent tout le temps.

Je leur donnais tout. Ils n’étaient jamais content.

Je reçois un appel d’une amie paniquée en début d’année. 

Jessica a une fille de 15 ans et ce n’est pas toujours facile. La rivalité mère-fille cause de gros soucis.

Jessica me dit en larmes que sa fille a fugué et qu’elle a laissé un mot sur son bureau.

« J’en ai marre de tout, marre de vous, marre de la vie. Je ne supporte plus l’ambiance à la maison. J’ai décidé de partir pour ne plus vous voir. Laissez moi, je veux être libre ! »

Comment réagir dans ces moments-là ? 

Jessica repassait dans sa tête, en boucle, les dernières heures, les derniers jours… Elle me disait que c’était beaucoup plus simple quand elle était petite.

Pourquoi la fille de Jessica en est arrivée là ? Je connais Jessica et je sais qu’elle est autoritaire. 

Elle voulait tout gérer et sa fille a fini par craquer.

Vous êtes un parent hélicoptère lorsque vous ne laissez pas de marge de manœuvre à votre ado. 

Vous tournez tellement autour que lorsque l’ado voit une porte qui s’entrouvre, il fonce sans se soucier des conséquences derrière. Votre ado n’a pas l’expérience et le recul nécessaire. 

Comme disait ma grand mère : « c’est beau l’insouciance mais c’est dangereux ».

Mais vous dans tout ça, vous faites comment ?

Vous ne voulez sans doute pas priver votre ado de quoi que ce soit. Mais vous ne voulez pas non plus des colères, des crises.

Entre le parent autoritaire et le parent laxiste, il y a le parent équilibré, celui qui n’est ni trop, ni moins. 

A vous de trouver le juste équilibre.

Mon plus gros désir, c’était d’être le papa le plus gentil du monde. Je me disais que le fait d’être un papa super cool, forcément que mes ados seraient reconnaissant.

Et bien NON…

Ils trouvaient ça au contraire normal et en abusaient…

Du coup, ça ne me plaisait pas, il y avait des tensions, ça m’épuisait, me stressait.

Dès que je voulais de l’aide, personne ne venait…

Je n’étais ni fier de moi, ni fier de mes ados et je me suis dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Mais comment s’y prendre avant que ça vrille…

Bien souvent tu penses que le problème vient des autres.

Mais en réalité, il faut commencer par s’analyser soi-même.

Qu’est-ce que tu vous voulez changer ?

  • Vous ne voulez plus vous épuiser,
  • Vous ne voulez plus vous priver de certaines choses (voir des amies, avoir du temps pour soi, ne plus culpabiliser…)
  • Vous voulez communiquer avec votre ado sans qu’il lève les yeux, sans cris…
  • Vous ne voulez plus avoir recours au chantage,
  • Vous ne voulez plus être inquiète lorsque votre ado part en soirée.

Vous voulez l’adolescence de ton ado soit un bon souvenir pour lui et pour toi.

Et Jessica dans tout ça. Sa fille est revenue le soir avec une grosse frayeur.

L’après-midi, elle a croisé un groupe de jeunes qui semblaient sympathique au début et qui l’ont entrainée dans la cité de la ville. Ils voulaient qu’elle fasse une soirée avec eux en lui disant qu’il y aurait de quoi se changer les idées. Elle a eu peur et s’est enfuie.

Nos ados, surtout en période de conflits avec les parents sont vulnérables. 

En tant que parent d’ados, notre rôle est de les protéger mais également de leur donner tous les outils d’anticipation, d’autonomie pour traverser ce grand chemin qu’est l’adolescence.

Je vais vous donner les meilleurs conseils qu’ils soient pour prendre du recul.

Vous êtes de la génération qui veut profiter au maximum. Profiter au maximum de vos enfants.

Mais il y a un hic !

Votre ado vous rejette et ne veux pas que vous vous occupiez de lui. Vous l’avez peut être remarqué mais il ne faut plus le toucher, il ne faut plus lui faire de bisou.

Et vous, ça vous agace…

Votre ado veut construire sa propre identité. On parle d’individuation et il ne veut surtout pas vous ressembler…

Il veut également explorer le monde, expérimenter et se construire seul.

Il faudra que vous soyez un parent encadrant (ni laxiste, ni autoritaire).

Grâce à cette posture :

  • Votre ado va bien évoluer,
  • Il y aura une confiance et une fierté réciproque
  • Vos angoisses disparaitront
  • Votre ado aura de la maturité face à des situations à risque
  • Il vous appellera en cas de problèmes
  • Vous connaitrez bien votre ado
  • Il y aura un respect mutuel

Beaucoup d’ados, à partir de 11 ans sont dans un état dépressif et paranoïaque. Ce qui l’amène à des actes d’agression gratuits.

Dans ces crises, votre ado est contre toutes les lois car celui qui représente la loi ou l’autorité ne lui permet pas d’être et de vivre…

Le lâcher prise vous permet au contraire de le considérer comme un être à part entière. Il a le droit de donner son opinion et s’il est différent du votre, vous pouvez lui répondre : « Tu vois, à 2 âges différents, nous pensons autrement, c’est bien ».

Votre ado a envie de participer à une conversation d’adultes, dis lui : « donne ton opinion, c’est intéressant ».

Être parent, c’est se repositionner, s’adapter. Il s’agit également d’offrir les bonnes attitudes, les bonnes réponses pour que ton ado prenne ses responsabilités sans les contester.

Ne pas contester ne veut pas dire approuver.

Françoise Dolto parle de « parentectomie ». C’est quoi cette intervention chirurgicale ? C’est couper dans le vif pour que l’ado (20 – 25 ans) se libère des attaches familiales. 

Beaucoup d’ados ont peur de l’avenir, peur de se jeter dans le vide de la vie d’adulte. L’enfant puis l’ado a tellement été assisté qu’il devient difficile pour lui d’affronter un univers qu’il ne connaît pas.

Comment pouvez-vous rendre votre ado autonome ?

Le seul moyen est de prendre du recul et le laisser faire. Il doit apprendre de ses propres erreurs et tu dois accepter cette situation.

Vous ne savez pas comment faire ?

Effectivement, on aimerait que nos ados soient les meilleurs, qu’ils adoptent la bonne attitude, les bons gestes, les paroles adaptées mais ce n’est pas ça.

Il faut que vous vous acceptiez en travaillant sur vous et lui faire passer des messages sans être trop intrusive. Si vous souhaitez, je vous explique tout cela dans le lien ici : https://gerermonado.fr/le-lacher-prise/.

Et si je vous donnais un plan ?

Je suis là pour vous aider, faire et mettre en pratique

Aujourd’hui, l’accent est mis sur VOUS.

Pourquoi vous ?

Parce que vous comptez!

Et pas seulement en général «vous comptez parce que tout le monde est important», «vous êtes l’adulte chez vous et vous aurez le plus d’influence en donnant le ton au cours des prochaines semaines».

Il ne sert à rien de s’inquiéter de votre adolescent et de la façon dont vous le gérez si ne vous ne gérez pas avec sagesse et gentillesse.

Si vous avez une grosse boule d’anxiété et de tension refoulée, si vous êtes fatiguée et frustrée, vous allez alors créer bien plus de problèmes que vous ne pourrez pas éviter. Le mieux que vous puissiez espérer, c’est de vous heurter à votre ado tous les deux jours, et au pire, vous pourrez vraiment nuire à votre relation avec votre ado.

Acceptez vous la situation ?

Un de mes réflexes préférés dans la vie est ce qu’on appelle communément la prise de recul qui apporte sérénité.

 Grâce à cette posture :

 « j’accepte les choses que je ne peux pas changer, je trouve le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse de faire la différence »

Assez cool hein?

Et y a-t-il jamais eu un meilleur moment que maintenant pour commencer votre journée à vous dire cela.

Tant de choses sont littéralement hors de contrôle. Un petit insecte s’est propagé à travers le monde à une vitesse si implacable qu’il a littéralement arrêté des pays entiers, décimé les économies et fait des milliers de morts.

Cela semble un peu irréel n’est-ce pas?

La première étape pour aider votre ado à travers cela est d’admettre à quel point l’impact de ce tourbillon d’événements a eu sur votre bien-être émotionnel et mental.

Il n’y a aucune honte à se sentir stressée, anxieuse, déçue, impuissante, en colère, confuse et tout simplement inquiète. Loin d’avoir honte, ce sont les émotions que presque tous les adultes normaux et bien équilibré éprouvent ou ont vécu pendant cette crise.

L’acceptation peut être difficile. Parce que l’acceptation signifie cesser de nier ce qui se passe et admettre que c’est votre nouvelle réalité.

C’est votre nouvelle réalité financière pour l’instant

C’est votre nouvelle situation familiale pour l’instant

C’est votre réalité de la sécurité d’emploi ou celle de vos proches

Ces plans que vous avez élaboré ne se concrétiseront pas de si tôt et pourraient ne jamais se produire maintenant

Vous et vos proches pourriez manquer des choses que vous appréciez

Accepter, c’est se sentir déçue, triste et en colère. Et la meilleure chose à faire avec les sentiments est d’admettre qu’ils sont là et de les ressentir. Parce que les émotions sortent toujours, et si vous essayez de les repousser, elles apparaîtront au moment le moins utile – comme lorsque votre ado appuie là où ça fait mal.

Vous devez peut-être vous donner la permission et un espace pour accepter et ressentir l’impact de ce qui se passe. Pour votre bien et celui de votre ado.

Prenez soin de vous.

Cela mène à votre plan pour prendre soin de vous au cours des prochaines semaines.

Vous serez mieux à même de prendre soin de vos enfants et de les élever lorsque vous serez dans votre corps et dans votre esprit.

Passons au plan : il doit inclure:

    • Comment allez-vous suffisamment vous reposer ? Cela signifie maintenir de bonnes habitudes de sommeil

    • Qu’allez vous faire pour recharger vos batteries ? Particulièrement difficile pour tous les extravertis qui ont besoin de sortir et de se mélanger avec des amis pour obtenir leur énergie. Et pour les introvertis, où va être l’endroit calme et comment allez vous le protéger?

    • Si vous avez un partenaire, comment et quand allez-vous prendre du temps l’un pour l’autre, ce qui implique plus que simplement s’occuper des enfants et passer la journée

    • Quelle sera votre petite évasion, un roman, la frénésie Netflix, le bain relaxant, en sirotant du vin avec vos morceaux de musique préférés ? Quand et comment le ferez-vous ?

    • Où et quand allez-vous sortir, prendre l’air et faire de l’exercice?

    • Où irez-vous vous calmer en cas d’orage ? De quoi avez-vous besoin pour vous calmer?

    • Comment et quand resterez-vous en contact avec votre famille et vos amis à l’extérieur de la maison?

• Comment allez-vous limiter votre exposition au flot incessant de news crée par les informations anxiogènes qui saturent les médias? Quelle est votre limite ?

Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, mais suffisante pour vous faire réfléchir. Pour certains, avoir un emploi du temps sera vraiment utile. Pour d’autres, un calendrier aggravera toute l’épreuve, mais une liste de contrôle pour s’assurer que vous maintenez un certain équilibre pourrait être utile.

La dernière partie de votre plan consiste à communiquer les aspects du plan que les autres doivent connaître. Des choses comme:

À quelles heures de la journée n’êtes vous pas disponible?

Quand voudrez-vous utiliser la télé ou l’ordinateur ?

Y a-t-il un espace sur lequel vous ne voulez pas que les autres empiètent?

Quand vous et votre partenaire allez créer du temps pour être un couple, etc.?

Cela peut être fait dans le cadre d’une conversation plus large sur les besoins de chacun, ou il peut s’agir d’une communication autonome, mais vous devez préciser ce dont vous avez besoin et ce que vous voulez.

Faite cette exercice et prenez soin de vous.

Philippe